Les thérapies de conversion deviennent illégales aux Pays-Bas
Le Sénat néerlandais a adopté mardi l'interdiction des thérapies de conversion. Il sera désormais interdit aux Pays-Bas de proposer des traitements visant à "guérir" une personne de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. Le COC Nederland s'est félicité de cette décision, qu'il considère comme une victoire pour les victimes.
"Enfin la justice pour les victimes qui souffrent souvent toute leur vie des conséquences des pratiques de conversion", a déclaré la présidente du COC, Myrtille Danse, après le vote du Sénat. "Enfin un message clair : la "guérison" est un mythe, vous êtes bien comme vous êtes, et les tentatives de "guérison" sont désormais interdites et punissables."
La proposition de loi a été déposée par le D66, le VVD, le PvdA, le SP et le Parti pour les animaux. Selon ces partis, les thérapies dites de conversion causent de graves préjudices. Les auteurs du texte soulignent que des études scientifiques établissent un lien avec la dépression, les troubles psychologiques, les problèmes sociaux et parfois même les tentatives de suicide.
La nouvelle loi interdit toute tentative visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre des enfants et des adultes vulnérables. Les contrevenants risquent jusqu'à deux ans de prison et les praticiens peuvent se voir interdire d'exercer leur profession. Toute publicité en faveur des pratiques de conversion est également interdite.
Les pratiques de conversion ne modifient en rien l'orientation sexuelle ou l'identité de genre des personnes, mais elles causent de graves dommages aux victimes. Des recherches montrent qu'elles peuvent entraîner des traumatismes à vie, des dépressions et des pensées suicidaires.
L'association LGBTQ+ néerlandaise COC milite depuis une quinzaine d'années pour l'interdiction de ces pratiques. « Toute votre identité est détruite. Ce traumatisme ne disparaît jamais », explique Jacques Zonne, qui a lui-même subi une thérapie de conversion. Il a été enfermé pendant deux ans afin d'être "guéri" de son homosexualité et a rassemblé 8.000 signatures en faveur de cette interdiction.
Au moins quinze organisations proposant encore des pratiques de conversion sont actives aux Pays-Bas. Des milliers de personnes y sont confrontées. Ces pratiques prennent différentes formes : « thérapies », camps de vacances, séminaires, ateliers, séances de guérison par la prière ou encore exorcismes.
Les pratiques de conversion sont déjà interdites en Allemagne, en France, en Belgique, en Espagne, au Portugal, en Grèce, à Malte et à Chypre. Les institutions internationales de défense des droits humains, des Nations unies au Conseil de l'Europe, appellent les États à interdire ces pratiques. La Commission européenne soutient également cette position.
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