Nos espaces s没rs sont en danger. Aussi 脿 cause de nous.
Chère communauté,
Ce que je vais dire ne me rendra probablement pas populaire auprès de tout le monde, mais il est temps de le dire. Notre communauté, et plus particulièrement nos clubs, cafés et autres espaces sûrs, sont en danger. En pleine saison des festivals et des Prides, il devient impossible d'ignorer la consommation excessive de drogues. L'essor du GHB menace directement les rares lieux où la communauté LGBTQIA+ peut encore se sentir véritablement en sécurité.
Je fréquente la communauté queer et kinky depuis de nombreuses années. Je constate qu'un nombre croissant de personnes consomment des drogues lors de soirées chemsex ou simplement pour dépasser leurs inhibitions. La consommation de drogues a toujours existé dans notre communauté, pour des raisons liées à l'expression de soi, à la découverte de soi ou au besoin d'appartenance.
Certaines personnes le font en limitant les risques. Elles connaissent les produits qu'elles prennent, respectent les dosages, sont accompagnées d'un buddy et assument leurs responsabilités lorsque quelque chose tourne mal.
Mais une autre réalité apparaît. De plus en plus de personnes ne prennent plus du GHB ou d'autres drogues pour franchir une simple marche, mais pour sauter du haut d'un gratte ciel.
Ces dernières semaines, plusieurs amis proches et moi même avons dû porter secours à des personnes victimes de surdoses dans des établissements queer. À chaque fois, il s'agissait de mélanges dangereux de GHB, d'autres drogues, de poppers et d'alcool, consommés sans connaître leurs limites.
Lorsque l'on combine autant de substances, le résultat n'est plus une addition mais une multiplication des risques. On perd totalement le contrôle et ce ne sont plus seulement les consommateurs qui sont mis en danger, mais aussi leurs amis, le personnel des établissements et tous ceux qui se retrouvent malgré eux responsables de leur sécurité.
Si, après une overdose, on rejette encore la faute sur ses amis, il est temps de reconnaître que le problème est devenu plus profond et qu'une aide professionnelle est nécessaire.
Les établissements ont également une responsabilité. Beaucoup affichent des avertissements contre le GHB, mais trop souvent ces règles restent théoriques. Tant que la consommation reste discrète, elle est tolérée. C'est précisément cette tolérance qui permet à la situation de se dégrader.
Les responsables de clubs doivent intervenir davantage et exclure temporairement les personnes qui mettent régulièrement les autres en danger. Perdre quelques clients coûtera toujours moins cher que perdre la réputation d'un établissement ou risquer sa fermeture.
Notre communauté est attaquée de l'extérieur, mais aussi de l'intérieur.
Prenons nos responsabilités. Informons nous, réduisons les risques, accompagnons nous mutuellement et protégeons les lieux qui nous permettent encore d'être nous mêmes.
Je souhaite encore longtemps pouvoir profiter de nos clubs, de nos festivals et de nos Prides. Nous ne pourrons les préserver que si nous en prenons tous soin.
Je vous souhaite une saison des festivals et des Prides sûre et bienveillante.
Marc Dirix
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